PATRICE
CARATINI (contrebasse, arrangeur, direction), HILDEGARDE WANZLAWE
(chant), ANDRÉ VILLÉGER, MATTHIEU DONARIER, RÉMY
SCIUTO (anches), CLAUDE EGEA, PIERRE DREVET (trompette), DENIS
LELOUP ( trombone), FRANÇOIS BONHOMME (cor), FRANÇOIS
THUILLIER (tuba), DAVID CHEVALIER (guitares), MANUEL ROCHEMAN
(piano), THOMAS GRIMMONPREZ (batterie), SÉBASTIEN QUEZADA
(percussions latine)
Créé sur scène en janvier 2005 au Théâtre
Les Gémeaux à Sceaux et enregistré «
live » par Charles Caratini en décembre 2007 au
Vauban à Brest.
1/
La vipère. 2/ Mon homme. 3/ Le train fatal. 4/ La grasse
matinée.
5/ Emigrants de l’enfance. 6/ Les petits pavés.
7/ Je ne t’aima pas.
8/ Pluie. 9/ Du gris. 10/ Départ. 11/ Mon légionnaire.
Le mélange des genres
Le Jazz
Ensemble s’inscrit dans la continuité du Onztet
créé en 1979 ; il rassemble quelques-uns des meilleurs
musiciens français toutes générations confondues.
Plutôt que de demeurer un orchestre de jazz de plus comme
il y en a tant maintenant, certains remarquables, le Jazz Ensemble
est devenu à la fois une machine à remonter le
temps et un engin explorateur de l’avenir le plus inventif,
diversifiant ses programmes, notamment l’histoire du Jazz,
la musique de bal et, dans ce disque, la chanson réaliste.
Surtout
depuis Claude Nougaro et grâce à lui, on sait que
le Jazz et la Java peuvent faire bon ménage En 1998,
le grand Charles, Aznavour, amateur de jazz, enregistra ses
propres chansons avec des vedettes de jazz sur des arrangements
de Pierre Drevet ou André Manoukian, le disque Jazznavour.
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Mais
pour accoupler le Jazz et la chanson réaliste et
populaire, celle chantée au début du XXe
siècle par Fréhel, Damia, Lys Gauty, Berthe
Sylva, Marie Dubas ou Edith Piaf, il fallait bien que
ces refrains aient marqués profondément
la mémoire d’un musicien tel que Patrice
Caratini pour réaliser cette liaison apparemment,
j’écris bien apparemment, contradictoire
; et pourtant quelle différence y a-t-il entre
le blues de Bessie Smith, les standards magnifiés
par les Billie Holiday, Dinah Washington, Ella Fitzgerald,
Sarah Vaughan, les Double-Six de Mimi Perrin ou Frank
Sinatra, Tony Bennett et ces grands interprètes
qui donnèrent à la chanson en langue française
ses lettres de noblesse, si ce n’est justement la
langue ? Et ainsi que le souligne Patrice, nulle différence
entre les thèmes et paroles des standards de jazz
et ceux et celles de ces chansons inscrites dans notre
patrimoine culturel.
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Pour ce
projet ambitieux et néanmoins hasardeux (satisfaire deux
publics), P.C., qui connaît bien la chanson pour avoir
accompagner des vedettes comme Maxime Leforestier et Georges
Moustaki, a fait appel à une chanteuse Hildegarde Wanzlawe,
française d’origine slovaquo-polonaise, dont la
voix et la diction évoquent celles des grandes chanteuses
ou actrices de langue allemande, de Lotte Lehmann et Marlène
Dietrich à Ingrid Caven et Ute Lemper. Sans abuser de
la déclamation ou de la grandiloquence, cette interprète
s’inscrit bien dans la lignée de Damia et Lys Gauty,
chanteuse-diseuse comme elles, qui savent installer une atmosphère
dramatique et instaurer un climat d’émotions fortes,
voire bouleversantes (notamment dans Je ne t’aime
pas, musique de Kurt Weil et Mon légionnaire de
Raymond Asso et Marguerite Monnot). Les arrangements soulignent
parfaitement le propos ainsi que les interventions des solistes
; comme quoi le mélange des genres (généralement
peu apprécié en France) peut s’avérer
une excellente initiative, une réussite totale ; on en
a ici la preuve, indéniable.
Jacques
Chesnel
(mai 2008)
Jacques
Chesnel, membre démissionnaire de l'Académie
du Jazz, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le jazz dont
Le Jazz en quarantaine, 1940-1946 (Isoète) et
Les Grands Créateurs de Jazz avec G.Arnaud (Bordas)
; il a été consultant et auteur pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom.
Peintre, il prépare une rétrospective de 50 années
de peintures inspirées par le Jazz.
www.jazz-chesnel.com

From
the ground
(Le chant du monde, 2004
distr. harmonia mundi)
http://www.caratini.com/