Djangology avec le Djivilli quintet

Quand certains en sont encore à éplucher les patates, d’autres envoient déjà la purée avec brio. Le Djvilli quintet n’est pas un énième groupe à fumer du Django et à surfer sur la vague renaissante du jazz manouche ; voilà bien des années maintenant que le quintet dijonnais propose son swing gadjé à un public toujours plus nombreux : après avoir envoûté Dijon, puis toute la Bourgogne, après avoir épinglé à leur tableau de chasse Lyon et Paris, rien ne semble arrêter la bande à Jérôme Broyer (guitare) et à Fanny Sauvin (violon), incontestable groupe de scène dont le second album, Something’s comin’ !, s’annonce comme celui de la maturité en studio.

Familiers de la culture manouche sans toutefois en être issus, les membres du Djivilli quintet basent leur musique sur leurs propres codes et influences musicales. Tout l’intérêt d’une telle formation réside alors dans son travail de création ou de réinterprétation, offrant un jazz proche de celui des maîtres comme Django Reinhardt mais mûri et élaboré selon une multitude d’autres courants et énergies.

Sans se soucier des schémas qu’il est de bon ton de suivre dans cette mouvance, le Djivilli quintet élargit les horizons musicaux et réussit le pari d’apporter à nos oreilles une note de fraîcheur en s’appropriant une musique indomptée depuis plus de cinquante ans.

Une contrebasse créative, inspirée (Marc Clément), deux énergiques guitares rythmiques impeccablement huilées (P.A. Roussotte et Thibault Marmont), l’allant d’un violon romantique (Fanny Sauvin) et la guitare charismatique et virtuose de Jérôme Broyer : le Djivilli quintet a tous ses arguments bien en main pour emporter son public vers les hautes sphères chaleureuses du jazz manouche, toujours plus près de feu Django ou du monstre déjà sacré Biréli Lagrène. Autant dire qu’on n’a pas fini de swinguer, place de Broukère !

Nicolas Cavaillès
(janvier 2005)

www.djivilliquintet.com

et prochains concerts http://www.djivilliquintet.com/Datespages.htm