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« Hôpital même pas mal » mais la
chute est douloureuse
Qui n’a jamais passé ne serait-ce que
quelques jours à l’hôpital serait bien en peine
de saisir tout le sens, toute l’ironie, tous les sourires
que déclenchent ces 33 fragments de vie dans un centre hospitalier.
Dans un sens tant mieux ! Cela dit, chacun a été forcément
un jour, soit patient, soit personnel soignant, ou au moins une
fois visiteur.
Ce recueil de
nouvelles s’adresse donc à tous mais encore plus à
ceux qui passent du temps dans ce lieu. Inexorablement, ils s’identifieront
à l’un ou l’autre des personnages ; ils se retrouveront
dans l’une ou l’autre de ces situations, dans cet espace
si particulier où le temps est suspendu et le quotidien transformé
en grande aventure humaine.
Muriel Martinella décrit des bribes de vie qui a priori ne
sont pas forcément tous très drôles, mais s’exprime
de manière dynamique et joviale ; son écriture est
bien souvent enlevée mais inégale selon les nouvelles.
Les scènes cocasses auraient pu être poussées
un peu plu loin, enjolivées par un humour encore plus caustique.
Tandis que les récits, dirons-nous plus tragiques, sont admirablement
écrits et poignants. Certaines nouvelles sont un peu longues
et ennuyeuses, a contrario de celle qui raconte l’histoire
de ces deux femmes cohabitant dans la même chambre et qui,
en deux jours, connaissent déjà tout de la vie de
l’autre. C’est que le temps est long à l’hôpital,
on a tout le loisir de papoter entre deux soins, le passage des
infirmières, des médecins et des aides-soignantes.
Bien entendu ces femmes deviennent les meilleures amies du monde,
promettent de se revoir et ne le feront jamais. Ca vous rappelle
des souvenirs ?!
On rit aussi parfois de bon cœur en lisant par exemple le dialogue
savoureux entre une amie venue rendre visite à sa copine
alitée et la « gentille » hypocrisie dont elle
fait preuve :
«- Je dois avoir une tête à faire peur ?
»
« -Taratata ! Jamais on ne pourrait penser que tu viens juste
d’être opérée. » (Mon Dieu, je n’en
crois pas mes yeux, elle a pris dix ans !)
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Le
début de l’ouvrage est onc plaisant, agréable
; l’idée de nouvelles se déroulant à
l’hôpital est excellente, néanmoins on
finit par se lasser au fur et à mesure de la lecture,
et la prose est presque trop soutenue pour le genre et le
thème. Ce livre était alléchant, il
n’a pas tenu toutes ses promesses. L’art de
la nouvelle n’est pas chose aisée, ce type
de texte doit retenir l’attention du lecteur en très
peu de pages ; tout doit être percutant, mettre une
claque au lecteur, ce qui n’est malheureusement pas
le cas dans ce recueil. L’auteur a un réel
potentiel mais on attendra qu’elle puisse nous livrer
une oeuvre parfaitement ficelée.
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Apoline
Saybec
(juin 2008)
Apoline
Saybec est historienne de formation. Elle a été
rédactrice en chef d’un mensuel économique puis
généraliste. Journaliste en presse écrite,
elle est passionnée par l’être humain ; elle
aime autant l’histoire que l’actualité, la littérature
que le cinéma, la sociologie que la psychologie... Tout ce
qui permet de comprendre le monde qui l’entoure, de transmettre
ce qu’elle apprend ou ce qu’elle a vécu est le
terreau de son existence. S’évader, rêver, imaginer
au travers des livres… le voyage, dans tous les sens du terme,
est son moteur.

www.apreslalune.com
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