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aussi
Léo
Ferré, cahiers d’études
Numéro 1, La Marge / Numéro 10, A la Seine, Ferré
: Caussimon
Editions du Petit véhicule
Benoît
Misère
de Léo Ferré - Ed. La mémoire et la
mer, 2008
Léo
Ferré du 7 avril de 68 à mai 2008… ou 2068
Léo
Ferré, la musique et Baudelaire
Ferré Baudelaire
Sous le label La Mémoire et la mer, Mathieu Ferré
publie Ferré Baudelaire, Les Fleurs du mal, suite
et fin. Un CD qui regroupe vingt-et-un poèmes,
dont Le cygne, L’Héautoutimorouménos, A
une mendiante rousse, Le Parfum…, que Léo Ferré
a mis en musique et interprète. Un inédit avec une
couleur intimiste incomparable. Léo chante chez lui, en Toscane
; s’accompagne au piano et enregistre simplement ces maquettes
sur « l’ un de ces bidules dont il a toujours raffolé
» comme dit son fils qui, trente et un an plus tard,
en fait un album très soigné, accompagné d’un
livret, (poèmes et documents) et, en accord avec sa mère
et ses sœurs, relance ainsi l’actualité discographique
de son aci- artiste, compositeur, interprète- de père.
« La parution de ce troisième album consacré
à Charles Baudelaire va immanquablement soulever des débats,
générer des reproches, m’attirer de nouvelles
salves de crachats », note Mathieu en préface
avec ce style précis et sobre qui lui est propre. «
On peut m’éreinter dans bien des domaines, mais certainement
pas à propos de mon honnêteté professionnelle
ni du respect et de l’amour que je porte à mon père,
à la fois en tant que tel, mais aussi et surtout en tant
qu’artiste et créateur. » Cet instantané
de Léo en train de créer est inestimable pour tous
ceux qui préfèrent le travail de répétition
de l'orchestre au concert, ceux qui aiment l’artiste dans
ses recherches. En contrepoint à Léo chantant L'Ennemi,
la voix d’un enfant qui se manifeste vivement depuis le jardin
«Papa ! Hé Papa !», évoque les
incrustations de voix enfantines chez Pink Floyd, sauf qu’ici
c’est du vrai, pas du studio ! (Et quant aux grincheux et
aux faiseurs, on sait bien qu’il y en a toujours qu’assombrit
le naturel fracassant d’un artiste, parce que c’est
encore de la création.)
Les
Métamorphoses du Vampire
Le compagnonnage Baudelaire Ferré est l’affaire de
toute une vie. C’est en 57 que Léo avait enregistré
chez Odéon son célébrissime et premier 33 tours
sous pochette bleue, consacré exclusivement à la poésie,
« Les Fleurs du Mal », qui
comportait, entre autres, La mort des amants, Harmonie du soir,
L’invitation au voyage, A celle qui est trop gaie et
l’envoûtant Les Métamorphoses du Vampire
pour lequel il s’accompagnait au piano, dans la même
veine emportée, tragique et chaude que Suite
et fin. Il avait récidivé en 67 chez
Barclay : « Léo chante Baudelaire »,
avec d’autres poèmes.
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Bien
entendu, ces albums des grandes firmes sont introuvables
depuis des lustres, comme si une nouvelle fois on bâillonnait
Baudelaire, et à fortiori Ferré, également
coutumier du fait. Mais Mathieu a eu la lumineuse idée
de les rééditer tous deux. La version de 57
des Fleurs du mal vient de sortir
simultanément avec l’inédit. En couverture
une photo de Serge Jacques, peu connue : Léo avant
renaissance, cheveux noirs, lunettes fines, et en bonus,
un passage radio et une interview de Luc Bérimont
: Ferré y donne des définitions ténues
de l’art poétique. L’album encore une
fois est beau de facture, accompagné du livret des
sonnets de Baudelaire et de documents ( La version de 67
rééditée en 2003 par la MEM, est toujours
disponible, et on l’M. )
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C’est
vraiment la fête ce trimestre, car paraît aussi «
Léo Ferré chante Aragon » (Reproduction
de l’original de 1961 « Les chansons d’Aragon
par Léo Ferré », dont L’Affiche
rouge, Tu n’en reviendras pas…) avec les poèmes
imprimés : un objet livre très soigné, même
la fameuse photo de pochette d’époque, noire et rouge
recadrée, perd son amidon : Aragon y semble moins poète
couronné en costar bleu marine. Les archives de Léo
recèlent encore bien des trésors et La mémoire
et la mer accomplit méthodiquement ce projet fantastique
: publier l’intégrale de son oeuvre. Y compris les
opus oubliés, les concerts fameux de l’Olympia (le
1972 est déjà disponible en DVD), les versions rares,
les émissions inattendues animées par il maestro,
seulement trentenaire et déjà Ferré, et même
les espérées à peine imaginables : Léo
enregistrant Le chien à New York avec un certain
John Mc Laughlin ! Un demi siècle de création.
Et, depuis la Toscane, Mathieu Ferré, pêcheur d’inédits,
chercheur infatigable, musicologue acharné, trouveur d’or
têtu, écoute, sauvegarde, restitue : abat un travail
de romain.
Jocelyne
Sauvard
(mai 2008)
Jocelyne
Sauvard est écrivain (romans, théâtre)
et journaliste. Elle anime aussi une émission littéraire
sur Idfm98, "Parlez-moi la vie". http://www.jocelynesauvard.fr

www.leo-ferre.com
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