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540 pages d’aventures, de rebondissements, d’inventions,
de suspens… Non, ce n’est pas un roman policier, ni
un roman d’aventures maritimes ou sidérales, ni un
énième roman de supers héros avec des supers
pouvoir, c’est un objet assez étrange tant par la forme
que par le contenu : sous la forme d’un « pavé
» (format boîte à sucre comme dit le texte d’accompagnement),
ce sont les aventures du jeune Arthur, orphelin (ce qui n’est
pas nouveau). Il est élevé par un inventeur génial
condamné à la clandestinité on ne sait pourquoi
et on ne sait par qui (mais tout s’éclaircira à
la fin). Arthur découvre une horrible machination qui risque
de détruire son monde, est découvert, capturé,
s’évade grâce à ses amis, est repris...
Tout cela sent le connu, certes.
Mais ce qui l’est moins, c’est le cadre de cette histoire
: Arthur et son pseudo-grand père vivent en sous-sol, comme
d’autres créatures tout à fait étonnantes
: des bricoliaux qui, comme leur nom l’indique, réparent
tout ce qu’ils trouvent et dont le corps est fait d’un
carton avec une tête et des pattes ; des choutrognes, très
proches du chou, mais doués d’émotions et de
pensées (assez sommaires et quelque peu carrées),
des rats associés et organisés…
Au-dessus règnent des humains, bons (le grand-père,
un magnifique avocat de la couronne à la retraite, portant
perruque, très soucieux de légalité) ou méchants
(l’horrible Grapnard et sa clique qui entretiennent un monstre
pour le lâcher sur la ville lorsqu’il sera prêt,
pour assouvir leur vengeance). On est dans une ambiance dix-neuvième
siècle, avec des inventions à la Jules Verne et des
bourgeois grotesques et redoutables, contre la solidarité
des petits, la fantaisie des bizarres.
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Un grand
plaisir de lecture, bien loin des recettes connues, tout
en touillant d’une certaine façon de vieux
thèmes dont on imagine la liste des mots clefs possibles
(identité, différence, solidarité,
monstruosité, écologie, urbanisme, …).
Et là dessus, un bel humour, un petit côté
Wallace et Gromit, pour les amateurs, avec des illustrations
à l’avenant.
Un pavé de belles choses, à emporter à
la plage, à la montagne ou sous la terre, pour y
vivre à toute allure et émerger par le rire.
Anne-Marie
Mercier-Faivre
(juillet 2008 )
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Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

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