Les Chroniques de Pont-aux-Rats, Tome 1 : Au bonheur des monstres
Alan Snow
traduit de l’anglais par Rose-Marie Vassallo
Nathan, 2008

 

 


540 pages d’aventures, de rebondissements, d’inventions, de suspens… Non, ce n’est pas un roman policier, ni un roman d’aventures maritimes ou sidérales, ni un énième roman de supers héros avec des supers pouvoir, c’est un objet assez étrange tant par la forme que par le contenu : sous la forme d’un « pavé » (format boîte à sucre comme dit le texte d’accompagnement), ce sont les aventures du jeune Arthur, orphelin (ce qui n’est pas nouveau). Il est élevé par un inventeur génial condamné à la clandestinité on ne sait pourquoi et on ne sait par qui (mais tout s’éclaircira à la fin). Arthur découvre une horrible machination qui risque de détruire son monde, est découvert, capturé, s’évade grâce à ses amis, est repris... Tout cela sent le connu, certes.
Mais ce qui l’est moins, c’est le cadre de cette histoire : Arthur et son pseudo-grand père vivent en sous-sol, comme d’autres créatures tout à fait étonnantes : des bricoliaux qui, comme leur nom l’indique, réparent tout ce qu’ils trouvent et dont le corps est fait d’un carton avec une tête et des pattes ; des choutrognes, très proches du chou, mais doués d’émotions et de pensées (assez sommaires et quelque peu carrées), des rats associés et organisés…
Au-dessus règnent des humains, bons (le grand-père, un magnifique avocat de la couronne à la retraite, portant perruque, très soucieux de légalité) ou méchants (l’horrible Grapnard et sa clique qui entretiennent un monstre pour le lâcher sur la ville lorsqu’il sera prêt, pour assouvir leur vengeance). On est dans une ambiance dix-neuvième siècle, avec des inventions à la Jules Verne et des bourgeois grotesques et redoutables, contre la solidarité des petits, la fantaisie des bizarres.

Un grand plaisir de lecture, bien loin des recettes connues, tout en touillant d’une certaine façon de vieux thèmes dont on imagine la liste des mots clefs possibles (identité, différence, solidarité, monstruosité, écologie, urbanisme, …). Et là dessus, un bel humour, un petit côté Wallace et Gromit, pour les amateurs, avec des illustrations à l’avenant.
Un pavé de belles choses, à emporter à la plage, à la montagne ou sous la terre, pour y vivre à toute allure et émerger par le rire.

Anne-Marie Mercier-Faivre
(juillet 2008 )

Anne-Marie Mercier-Faivre est professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

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