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Jean et Jeanne
d’Yves Pinguilly et Aurélie Blanz, Vilo
jeunesse, 2008, à partir de 6 ans
Un album grand format aux superbes illustrations
oniriques très colorées. Une jeune fille prisonnière
d’une vilaine sorcière maléfique qui l’a
transformée en oiseau. Un jeune amoureux bien décidé
à la délivrer. Tels sont les ingrédients
de ce bel album qui propose une adaptation d’un conte
des frères Grimm (« Jorinde et Joringel »).
L’histoire ne brille certes pas par son originalité,
puisqu’elle suit le schéma le plus commun des
contes de fées, mais les dessins pétillants,
qui proposent un univers tendre et fleuri, d’un romantisme
non dénué d’humour, font toute la beauté
de cet album.
M. Gallot (juillet 2008)
L'éditeur
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L'éditeur
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24
heures dans la vie de Théo de Virginie Lydie,
ill. Yann Hamonic, Balivernes, 2008, dès 6
ans
24 heures dans la vie de Théo nous
plonge au cœur d’une journée riche en rebondissements,
où tout bascule dans sa vie. Sa maman ne va pas bien
du tout. Sur le trottoir, à côté des galeries
Farfouinettes, elle a posé un petit carton, à
côté d’elle, à même le sol.
Elle n’aurait jamais fait ça si elle n’était
pas malade, mais la poudre blanche coute cher. Théo
doit faire quelque chose pour la sauver. Ce petit roman réaliste
traite avec sensibilité d’un sujet délicat,
rarement évoqué dans des livres pour petits.
Il rend compte de la souffrance d’un petit garçon
face à une maman toxicomane et sans le sou. Destiné
à des lecteurs en herbe, il est résolument optimiste
et se clôt sur une note d’espoir. Ses jolies illustrations,
son thème moderne et son écriture dynamique
font de ce court roman un excellent petit objet littéraire
qui ne prend pas les enfants pour des bébés.
C. Scandale (juillet 2008)
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Mer en poèmes
de Michelle Daufresne, Seuil jeunesse, 2008
à partir de 4 ans
Des collages de matériaux divers peints
à l’aquarelle sur un beau papier mat épais
créent de changeants effets de matière et de
lumière. Chaque double page illustre et définit
un mot de la mer (grève, falaises, jeux de plage, oiseaux
de mer, etc.), assorti d’un ou plusieurs courts poèmes
marins qui correspondent au mot. Aimé Césaire,
Baudelaire, Blaise Cendrars et bien d’autres –
dont l’auteur elle-même - prêtent leur plume
à cet album propice à l’imagination, qui
compose une belle initiation au pouvoir d’évocation
des mots et à la poésie. « C’est
la mer pour la mer/ et pour ceux qui en rêvent »
(Supervielle)
M. Gallot (juillet 2008)
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Emily the Strange,
Voir c’est décevoir, de Rob Reger,
Seuil jeunesse, 2008
La très gothique Emily revient dans
un petit album intelligent, en rouge, noir et blanc, comme
à l’accoutumée, et dont l’atmosphère
forcément strange et troublante doit cependant
beaucoup au thème abordé : la vision, qu’elle
passe par le regard (un mécanisme complexe présenté
avec cocasserie) ou les miroirs (aux reflets mouvants…),
modifiée par l’ombre et/ou la lumière,
par divers déplacements ou changements de perspective.
Il n’y pas de trame narrative à proprement parler,
seulement une succession de saynètes ponctuées
d’adages qui posent d’intéressantes questions
(«Emily voit les yeux fermés », «
l’étrangeté est dans le regard »,
« Exister c’est croire »…) où
Emily, philosophe en herbe, se met en scène pour illustrer
de diverses manières à quel point la vision
subjective est forcément illusoire et fluctuante.
B. Longre (juillet 2008)
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L'éditeur
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Molosse
d’Olivier Morel, Ed. courtes et longues, 2007,
dès 3 ans
Molosse, le chien de Jojo, porte bien son
nom. Sous le regard amusé de son maître, il terrorise
les matous et les enfants, défèque sur les pâtés
de sable et pourchasse le facteur… Puis un jour Molosse
ne fait qu’une seule bouchée d’un petit
caniche à sa maman. C’est la goutte qui fait
déborder le vase, la fourrière intervient et
l’embarque. Peu de temps après, le petit garçon
le remplace par un poisson rouge dénommé Tiburon.
Mais au bout de quelques jours l’animal inoffensif devient
piranha. A travers de jolies illustrations enfantines, Olivier
Morel nous amène à réfléchir sur
le mal et la responsabilité humaine. Il pose ouvertement
la question suivante : qui du maître ou de l’animal
est réellement le plus mauvais ?
C. Scandale (juillet 2008)
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L'auteure
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Au feu les pompiers
j’ai le cœur qui brûle, de Christine
Beigel et Élise Mansot, Gautier-Languereau,
2008
Quand Rose, une sage vieille dame, aperçoit
Isidore Valentin Brû, pompier de son état, dans
le poste de télévision, c’est le coup
de foudre. Comment rencontrer ce héros ? Rose n’hésite
pas une seconde et, prétextant avoir perdu son chat,
appelle les pompiers… Isidore intervient mais semble
plutôt intimidé et ému par cette dame
qui a demandé à ce que ce soit lui et pas un
autre qui vienne lui porter secours. Quand il s’en va,
Rose se met à l’attendre… vainement, semble-t-il.
Elle se morfond, s’affaiblit, perd le goût de
vivre, des mois durant. Ce bel album grand format dont les
aplats bariolés, presque naïfs, sont en harmonie
avec le texte, tour à tour chaleureux et mélancolique,
ne nous donne que le point de vue de Rose, mais cela suffit
à nous convaincre de l’authenticité de
cette histoire d’amour ; et puisque les Valentin Brû
(on comprend mieux l’allusion quand on sait que l’auteure
a un faible pour l’œuvre quenienne) sont apparemment
destinés à épouser des femmes d’âge
mûr, le tout s’achèvera sur une happy
ending très satisfaisante, pour le lecteur comme
pour les protagonistes - qui n'auront peut-être pas
"beaucoup d'enfants", selon la formule consacrée,
mais vivront un amour très, très chaud !
B. Longre (juillet 2008)
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Daniela
Cytryn
Amnesty
International
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L’enfant
et le buffle, de Muriel Carminati et Daniela Cytryn,
Le Sorbier, collection « Les Ethniques », en partenariat
avec Amnesty International, 2008
Après une collaboration avec Jocelyne
Sauvard pour Aïssata
et Tatihou, Daniela Cytryn illustre avec
un même soin un nouvel album aux éditions du
Sorbier, dans une collection qui prône l’ouverture
sur le monde en proposant des récits qui sensibilisent
le lecteur à des situations ou des événements
qui ne lui sont pas toujours familiers. Un pays africain en
guerre pour Aïssata et Tatihou,
la Birmanie pour Cet Enfant et le buffle,
un pays où il ne fait pas bon vivre si l’on tient
compte du mépris des dirigeants pour la population
qu’ils maltraitent, emprisonnent ou laissent mourir.
La Birmanie, que l’on découvre à travers
le regard d’Aung Kyaw Kyaw, jeune garçon très
attaché au buffle que son père a pourtant décidé
de vendre. Il s’enfuit, part à la recherche de
l’animal et revient bredouille pour trouver son village
vidé de ses habitants, «réquisitionnés»
pour construire une route. Au-delà de la difficulté
de vivre sous un régime dictatorial évoquée
ici, une certaine plénitude préside malgré
tout à l’ensemble, peut-être discernable
dans l’attitude résignée des adultes,
que l’auteure ne se permet pas de juger, et dans la
beauté des images. B.
Longre (juillet 2008)
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L'éditeur
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Bou et les 3
Zours d’Elsa Valentin et Ilya Green,
Poisson soluble, 2008
« L’était une fois
une petite Bou qui livait dans la forest avec sa maïe
et son païe.
Un jour, elle partit caminer dans la forest pour groupir des
flores.
— Petite Bou, ne t’élonge pas troppe, lui
dirent sa maïe et son païe.
— Dakodak, respondit Bou. »
Et ainsi de suite… Bou rencontre le piaf, le scargot,
la flore mini piquinote, etc. jusqu’à la casa
des zours… La trame de l’histoire, on la connaît,
mais la variante imaginée par Elsa Valentin et illustrée
avec humour et candeur par Ilya Green est savoureuse à
souhait, dans ce langage à la fois enfantin, joueur
et très savant, que l’enfant lecteur décryptera
sans mal, tandis que les plus grands s’amuseront à
reconnaître archaïsmes, emprunts (à l’espagnol,
à l’italien, à l’anglais…),
à distinguer les registres de langue et à décortiquer
les néologismes polysémiques (qui rappellent
par instants l’imaginaire d’un Claude Ponti),
comme cette chaise «confordouillette »
qui « se bricassa » sous le poids de
la fillette. On ne se lasse pas de citer le texte, qui se
déguste mieux s’il est lu à haute voix.
B. Longre (juillet 2008)
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La
chanson interprétée par Peter, Paul and Mary |
Puff le dragon
de Lenny Lipton et Eric Puybaret, adaptation-traduction de
Christine Beigel, Gautier-Languereau, 2008 - à
partir de 4 ans
« Puff the magic dragon »,
chanté par le groupe Peter, Paul and Mary, fut un tube
dans les années 60. La chanson, écrite par Lenny
Lipton et mise en musique par Peter Yarrow, raconte la relation
complice entre un dragon « qui gambade dans la brume
du royaume sous le vent » et un petit garçon,
jusqu’à ce que ce dernier grandisse et délaisse
son vieil ami, qui sombre dans la nostalgie. Cette jolie fable
sur la fin de l’enfance et de l’amitié
paraît aujourd’hui sous la forme d’un grand
album, illustré avec talent par la peinture imaginative
et émouvante d’Eric Puybaret. Ce magnifique album,
tour à tour joyeux et mélancolique, ravit autant
par ses personnages simples au graphisme attachant que par
son rythme musical, qui lui confère une remarquable
originalité.
M. Gallot (juillet 2008)
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L'éditeur
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Comment les vaches
font-elles pour vendre leur lait ? de Nathalie Magnien,
Ed. courtes et longues, 2007
Voici un petit album « ovni », qui après
maints feuilletages, continue à m’interroger
sur son sens… Le résumé est pourtant limpide
: « Très haut sur la montagne, une vache
s’interroge : comment faire pour vendre elle-même
son lait ? La solution est simple : il lui suffit de se transformer
en brique de lait. Alors, la montagne devient triangle, la
prairie carrée, et la vache se métamorphose…
Un conte sur la liberté dit sur un ton simple et joyeux.
» Illustré de formes géométriques
acidulées, ce conte un peu barré interpellera
les enfants sur la nouvelle ère laitière et
l’indépendance des vaches modernes…
C. Scandale (juillet 2008)
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L'éditeur |
Le maïs
de Luisa de Sophie Cottin et Amandine Piu,
Petit à petit, 2008
Dans la collection « Marmitontaine
et Tonton » des éditions petit à petit,
on trouve Les pâtes de Francesca (Viva la pasta
!), Le riz de Ly (Faisons danser les grains de riz !) et
ce dernier album, qui nous emmène, après l’Italie
et le Vietnam, au Mexique ; là, une jeune guide, Luisa,
propose plusieurs plats relativement faciles à réaliser
et pour la plupart savoureux - comme les fajitas au bœuf,
le cocktail de poisson crus marinés, ou encore le riz
à la mexicaine. Mais plus qu’un simple manuel
gastronomique énumérant les recettes, ce livre
aux illustrations foisonnantes et bigarrées est aussi
prétexte à faire voyager le lecteur, qui découvre
un peuple (détails historiques, du quotidien, des cartes,
quelques mots d’espagnol ponctuent l’ensemble…)
par le biais de sa cuisine, dont le maïs, « cadeau
des dieux » pour les mayas, est la base. Un joli
album à ranger dans la cuisine, forcément.
B. Longre (juillet 2008) |
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Babayaga,
de Taï-Marc Le Than, ill. Rebecca Dautremer,
Gauthier-Languereau, Les petits Gautier, 2008, dès
4 ans
On retrouve dans ce conte deux figures emblématiques
de l’imaginaire féminin diabolique, la méchante
sorcière et l’odieuse marâtre. Babayaga
est l’incarnation russe de la dévoreuse d’enfants.
L’adaptation par Taï-Marc le Thanh, illustrée
par Rébecca Dautremer, rend parfaitement compte de
l’atmosphère froide et rustre des confins d’une
Sibérie fantasmée. Babayaga n’a qu’une
seule dent. Et c’est probablement ce qui l’a rendue
si méchante. Ogresse par vocation, elle n’a de
passion que pour la dégustation de petits enfants bien
dodus et bien gras. Le jour où la vieille femme n’a
plus rien à se mettre sous la dent, elle s’adresse
à sa sœur Cacayaga pour lui trouver de la chair
fraîche. Cette dernière devenue marâtre
de la petite Miette l’envoie mielleusement chercher
du fils et une aiguille à coudre chez sa sœur,
la méchante ogresse. Comment s’en sortir quand
on est une fillette haute comme trois pommes et qu’on
se retrouve coincée dans l’antre de Babayaga
? S’ensuit une angoissante fuite. Pleine d’ingéniosité
et de courage la petite fille se débrouille plutôt
bien pour retrouver sa liberté…
C. Scandale (juillet 2008)
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L'éditeur |
Rendez-vous
d’Elisa Géhin, Le poisson soluble, 2008
Ce petit livre carré qui se présente
sous la forme de pochette (forcément surprise) amusera
les enfants et étonnera les plus grands. Car cette
«histoire à rebondissements dépliables»
et transformable au fil de la lecture (et du dépliage,
donc) est-elle vraiment un livre ? Parlons plutôt de
jeu narratif astucieusement conçu, qui propose un récit
évolutif tant au niveau des images (dont la découverte
se fait peu à peu) que du texte (sur le mode du cadavre
exquis), une histoire par conséquent presque impossible
à raconter, sauf pour dire qu’il y est question
d’amour, de petits animaux et de quelques monstres…
Une réalisation réjouissante (fournie avec le
mode d’emploi…), à découvrir sans
tarder.
B. Longre (juillet 2008)
http://mesjeudisamusants.over-blog.com/
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Sorcier ! vol.
6, les quatre dragons, de Moka, L’école
des loisirs (neuf), 2008
Les prophéties se dévoilent
; le langage secret est déchiffré, les textes
mystérieux se multiplient. Ainsi, la princesse Mélipona
lit dans un message laissé par sa mère que Miricaï,
le père supposé de Finn a rencontré les
quatre dragons et a obtenu une clef d’or, un miroir
d’argent et un livre, et enfin une graine d’amandier.
Dans la forteresse de Lur, le vieux Copiraille traduit un
texte qui évoque le Gardien de l’étoile
qui fera fleurir l’amandier. Entre-temps, Finn s’évade
de son cachot, les enfants de Mélipona viennent au
monde, Siki Siki part en quête… et leurs adversaires
rôdent sans cesse.
Mystères qui s’emboîtent, action, suspens,
humour, voilà encore une bonne étape dans les
aventures de ces trois héros. A-M.
Mercier (juillet 2008)
Les autres
tomes
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Le fantôme
de Canterville, d’Oscar Wilde, illustré
par Merlin, Hachette jeunesse, 2007
Le texte de Wilde ne finit pas de nous faire
sourire et la traduction-adaptation de Sophie Koechlin le
sert à merveille : on découvre un nouveau charme,
on le lit comme pour la première fois, avec son humour
décapant, ses portraits vifs et son rythme endiablé.
Les illustrations de Merlin pour cet album grand format sont
théâtrales, gothiques, satiriques, mettent bien
en valeur les ressorts du texte.
A-M. Mercier (juillet 2008)
L'éditeur
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Le cavalier bleu
de Philippe Lechermeier illustré par Delphine Jacquot,
Thierry Magnier, 2007
C’est une histoire noire et…
bleue…Le bleu du « cavalier que l’on
ne voit jamais mais qu’on entend passer »,
le cavalier qui finira sa vie en fuyant inlassablement pour
semer des poursuivants. Le début est plutôt rose,
un enfant est déposé devant la porte d’un
roi et d’une reine qui se lamentaient de ne pouvoir
avoir de fils. Les premières années sont très
heureuses, ils sont tout à leur bonheur d’éduquer
cet enfant tombé du ciel. Mais cela ne dure qu’un
temps, le roi est rapidement exaspéré par la
douceur de cet enfant dans lequel il se reconnait si peu.
Il congédie donc épouse, nourrices et précepteur
et décide de s’occuper lui même de l’éducation
de son fils. Une éducation « à la dure
» où on lui apprend la ruse du renard, la cruauté
de l’aigle, l’agressivité du loup…
L’enfant devenu adulte ressemble plus à une bête
qu’à un humain… Il est craint de tous.
A la mort de son père (heureux d’avoir façonné
son fils à son image), le cavalier part à la
recherche d’une épouse… mais malgré
sa puissance, n’arrive pas à ses fins et finit
enchaîné dans un cachot. Celle qu’il avait
convoitée a pitié de lui et le libère
de sa prison… Un album grand format où les illustrations
prennent toute leur place et renforcent admirablement la tension
sous-jacente. Une histoire un peu sombre mais fort bien écrite.
F. Mattes(juillet 2008)
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En attendant
le printemps de Martine Laffon et Sacha Poliakova,
Thierry Magnier
Un format original pour cet album cartonné, moyen,
comme un vrai livre. Une histoire peu loufoque : le voyage
de deux corbeaux et deux pies vers le midi qui à chaque
page emportent deux ceci, trois cela cinq d’un autre…
pour former un bagage hétéroclite. Les chiffres
sont au cœur de l’histoire, tout en en étant
des éléments décoratifs à chercher
dans la page.
Un très beau texte étrange et poétique,
et de très belles illustrations noires sur fond bleu.
A-M. Mercier (juillet 2008)
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L'éditeur
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Petit pois de
Yaël Delalandre, Ecole des loisirs
Les aventures d’un petit pois esseulé qui rêvait
de voler et qui trouve de l’aide en la personne de Catapulte,
la cuillère ! Une incitation à aider d’autres
pois malheureux… (« Si tu veux, tu peux l’aider
») en leur permettant de rencontrer une cuillère
!
Des illustrations épurées (des tâches
de couleur sur fond blanc, un clin d’œil à
« Petit bleu et petit jaune » ?) pour
un livre drôle et décalé … à
ne pas prendre au premier degré…
F. Mattes(juillet 2008)
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Chut,
le roi pourrait t’entendre, de Didier Sustrac
et Eric Puybaret, Gautier-Languereau, 2007
Au pays du roi Chachuffit, il faut employer
le plus possible de mots avec des « ch », sinon
on est puni très cruellement. Ainsi, le roi a changé
tous les mots et exerce une terrible surveillance. La maman
du jeune Zouri vit dans la peur car elle zozote. Une nuit,
son fils part à la recherche des animaux qui ont perdu
leur nom pour prendre un peu de leur force ; il emprunte ainsi
la mâchoire du loup (appelé « chien-loup
»), le cou de la girafe (ou chèvre-cheminée),
etc. et se transforme en monstre hybride qui va terroriser
le roi et rétablir la liberté du langage. Cette
fable originale dont la moitié se passe dans un univers
nocturne et la totalité dans un décor étrange
est superbement illustrée, dans un style rêveur
qui rappelle un peu celui de Rebecca Dautremer.
A-M. Mercier (juillet 2008)
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L'éditeur |
Je
dors parfois dans les arbres, de Paul Vincensini, illustrations
de Jean-Paul Galeron, Motus, 2007
Plusieurs idées de la poésie
sont à l’œuvre ici. Poèmes brefs
presque classiques : « Le cheval / Tout en buvant
l’eau du ciel / Broute un peu l’ombre de ses yeux
». Inventions langagières : « Les noiseaux
mangent des noisettes / Les crapauds des pâquerettes
/ les chats des chalumettes / Quand il fait frais / Des chalumeaux
/ Quand il fait chaud ». Confidences proposant
un autre regard : « Ce n’est pas l’arbre
/ Qui m’intéresse / Mais de voir à travers
ses branches / De voir aussi un peu les branches / Peut-être
». Fantaisies d’invention, soit sur les mots,
soit sur le monde, toutes belles et simples, mais pas sans
profondeur.
Les illustrations au crayon sont drôles, inventives,
sur un papier légèrement gaufré, gris
bleu. Elles aident à voir et proposent une lecture
tantôt au pied de la lettre tantôt décalée.Un
très joli livre pour de beaux textes.
A-M. Mercier (juin 2008)
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Deux rééditions
d’albums d’Elzbieta
Deux albums intimistes dans une langue simple
et poétique, soutenue par des illustrations délicates
de papier déchiré colorisé de teintes
pastel. Deux valeurs sûres qui permettent aux plus jeunes
de s’interroger et de réfléchir sur le
monde et le temps qui passe.
Petite lune,
Le Rouergue, réédition 2008
Un album pour les tout petits sur le moment du coucher. Sujet
largement présent dans la littérature enfantine
mais abordé ici de façon originale. Il n’est
pas question de l’enfant qui redoute ce moment et use
de tous les stratagèmes possibles pour le repousser.
Mais plutôt du plaisir que l’on peut prendre au
temps qui s’étire, aux mille questionnements
sur le monde et au mystère de la lune.
Où vont
les bébés ? Le Rouergue, réédition
2008
C’est la question que se pose Petit Pote, un vieux nounours
qui, lorsqu’il était jeune, a appartenu à
un bébé. Son compère Grosbert lui expliquera
que les bébés deviennent des adultes lesquels,
à leur tour, font des enfants. Un fil de fil à
leur « bébé » leur permettra de
se rendre compte que malgré les années qui ont
passé, ils n’ont pas été oubliés.
Une tendre réflexion sur le temps qui passe, l’oubli,
la mémoire et les souvenirs.
F. Mattes(juillet 2008)
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Arthur
range ta chambre ! de Barroux, Seuil jeunesse,
2008
L’éternelle question du rangement
traitée avec humour. La question qui divise petits
et grands ! Qu’ils sont pénibles, les parents,
à toujours vouloir que les chambres soient rangées…
Mais Arthur prend conscience que ranger à parfois du
bon : on peut retrouver des jouets que l’on croyait
perdus…. avoir plus de place pour jouer…. et même
se rendre compte que ce la peut être amusant de faire
plaisir à sa maman ! Barroux nous propose ici le point
de vue du petit garçon (texte simple et juste) et une
illustration originale, très graphique (simple trait
au stylo à bille, rehaussé de mine de plomb
et colorié à l’acrylique). Une lecture
à partager entre parents et enfants …Dès
trois ans et bien après ! F.
Mattes(juillet 2008)
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Le
roi Arthur, Lancelot du lac de Nicolas Cauchy et Aurélia
Fronty, Gautier-Languereau, 2007
Ces deux volumes parus dans la collection
« légendes de la table ronde »,
sont joliment illustrés, la maquette est soignée
(avec des caractères un peu petits, on ne sait pourquoi,
mais élégants).
Ces adaptations ont le mérite de vouloir donner le
détail des histoires rapportées. Mais ce mérite
est fortement diminué par le fait que le style employé
est très sobre et se limite à une liste d’actions
et de faits, présentés en alinéas extrêmement
brefs, ce qui donne au texte beaucoup de sècheresse.
A-M. Mercier (juillet 2008) |
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Le
paradis des bonobos, le combat d’une femme pour sauver
des grands singes, par Isabelle Aubin et Roland Garrigue,
sous la direction de Claudine André, Seuil
jeunesse, 2007
Cet album documentaire retrace le travail
/ combat de Claudine André en République démocratique
du Congo pour sauver les bonobos, très menacés.
Une interview, des explications sur les familles de singes,
le fonctionnement du sanctuaire des bonobos, des cas particuliers,…
des approches variées pour connaître le travail
de protection de la faune en Afrique et ses difficultés.
A-M. Mercier (juillet 2008)
pour
en savoir plus |
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Yi
et Yo de David Dumortier
/Ah la vache ! texte anonyme
illustré par François Gauthier, collection
mouchoir de poche, Motus 2008
On retrouve avec grand plaisir l’écriture
si personnelle de David Dumortier dans un texte un peu énigmatique.
Yi et Yo, deux amis, si semblables et si différents,
qui se questionnent sur eux, sur le monde , « s’évadent
à l’intérieur d’eux-mêmes
», se confondent : « Yi a tellement cherché
à ressembler à Yo que Yo ne s’est pas
aperçu de son absence…. » Un beau
texte puissant et ciselé sur les rapports entre les
hommes et sur le monde… Les illustrations de Dumortier
ressemblent à des calligraphies qui jalonnent le récit
et lui donnent une petite touche orientale.
Ah ! La vache
est une rédaction des années 1950 retrouvé
et illustré par François Gauthier qui pose,
grâce à ses illustrations fantaisistes, un regard
plein d’humour et de tendresse sur ce texte. A travers
: « Décrivez un animal de votre entourage
», on découvre la vache vue par un enfant (que
l’on peut imaginer de la campagne). Un petit livre qui
plaira aussi bien aux enfants qu’à des personnes
qui pourraient avoir l’âge de l’auteur du
texte.
F. Mattes (juillet 2008)
Dans
la même collection
L'éditeur |
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A
la mer de Germano Zullo et Albertine, La joie
de lire, 2008, dès 18 mois
Voici un avant goût des vacances !
A la mer est un grand album aux couleurs estivales dans l’air
du temps puisque la météo semble enfin s’embellir.
Sortez lunettes de soleil, crème solaire, masque et
tuba et jetez vous à l’eau. L’invitation
est lancée par Germano Zullo et Albertine les auteurs
de cet album promenade. Pieuvre géante, sirène,
avion publicitaire, girafe nageuse, châteaux de sable,
radeaux, vendeur de glaces, superman sauveteur, hôtel
animé et loufoque, crêpes, coiffeur pour dames,
Musée de la marine et parc d’attraction pour
vacanciers ravis… L’univers de la mer et des vacances
nous tend les bras et nous fait dire bien haut : Vivement
les vacances !!! Cet album rafraîchissant à souhait
enchantera les plus petits qui inventeront leurs propres histoires.
Il séduira aussi les parents restés de grands
enfants la tête remplie de beaux souvenirs d’étés
passés à s’amuser… A la mer.
Caroline Scandale (juin
2008)
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L'illustratrice
L'été
2008 des bouquins solidaires. |
Le
bufflon blanc de Fabienne Thiéry et Judith Gueyfier,
Rue du monde, 2008
Li, éleveur de buffles, s’inquiète
quand naît un bufflon blanc qui dénote dans son
troupeau noir. Serait-ce mauvais présage ? Le vieux
sage qu’il consulte, connu pour sa clairvoyance, lui
assure que non ; mais une fois rentré chez lui, Li
est subitement frappé de surdité. Lu, son fils,
part alors voir le sage et, dès son retour, est lui
aussi victime d’un mal soudain, la cécité.
Li et Lu pensent avoir joué de malchance quand des
événements bien plus terribles encore s’abattent
sur la vallée.
Librement inspiré d’une fable du philosophe chinois
Lie-Tseu, maître taoïste, l’histoire que
conte Fabienne Thiéry (spécialiste du conte
chinois) a vocation universelle et parle à la fois
de résilience, de résignation à son sort,
d’impuissance face à plus fort que soi ; elle
véhicule toutefois l’idée que la vie se
compose d’une succession bariolée de bonheurs
et de malheurs et que les uns ne peuvent exister sans leurs
contraires. Les illustrations de Fabienne Thiéry, qui
signe plusieurs albums chez cet éditeur, sont d’une
grande finesse dans les plans rapprochés comme dans
les plans d’ensemble, avec une attention toute particulière
portée aux motifs des textiles, en contraste avec les
aplats des paysages à l’arrière-plan ;
mais ce sont surtout les visages lumineux tourmentés
ou apaisés, en résonance avec le conte, qui
séduisent le lecteur. Un bel album à partager
et à offrir. B.
Longre (juin 2008)
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l'éditeur |
Innocent
de Magali Turquin, éditions du Jasmin, 2008
Le Rwanda est apparemment un sujet littéraire
porteur pour les écrivains français. Depuis
le prix Médicis 2007 attribué à Jean
Hatzfeld pour La stratégie des antilopes,
les récits-témoignages fleurissent. Les éditions
du Jasmin publient ainsi le court roman de Magali Turquin,
histoire à la première personne d’un rescapé
tutsi du génocide. L’auteur cherche à
se mettre à la place de celui qui a survécu
à l’impossible et nous livre un monologue lyrique
de souvenirs décousus et de douleur. Le sujet est inattaquable,
et l’intention louable. C’est plutôt bien
écrit, le style est limpide et simple, afin que chacun
puisse se représenter l’indicible et entendre
la voix des victimes. Et pourtant, l’ensemble donne
une impression de déjà-vu assez décevante.
A réserver à ceux qui n’ont encore rien
lu sur le sujet.
M. Gallot (juin
2008)
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L'éditeur
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Tonton Zéro
de Roland Fuentès, Mini Syros 2008
Dans ce court roman qui se déroule
le temps d’une excursion en montagne, un jeune garçon
pose un regard tendre, étonné et parfois lucide
sur son oncle, grand naïf que tous ont surnommé
« Zéro » pour sa maladresse, son côté
gaffeur et ses idées lunaires. Malchanceux, cet adulte
que les autres voient encore comme un enfant a pourtant bien
des qualités, que le narrateur semble être malgré
tout le seul à apprécier, sans porter de jugement
hâtif. Le sens pratique n’est certes pas son fort,
mais lui, au moins, croit à l’existence de Plavnik,
l’ami intime et imaginaire de son neveu… Un joli
texte atypique, qui met en scène une relation touchante,
où les rôles s’inversent en permanence,
et qui interroge finement sur la nature même de l’enfance.
B. Longre (juin 2008)
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l'éditeur |
Bienvenue à
Goma d’Isabelle Collombat, Le Rouergue
– doAdo monde, 2008
L’histoire se passe en 1994. Une très
jeune fille s’embarque aux côtés d’une
journaliste radio pour Goma, au Zaïre, où s’entassent
les réfugiés rwandais réchappés
du génocide. Elsa a tout juste 18 ans, elle rêve
de devenir photographe-reporter. Elle découvre la pénible
réalité du terrain et les difficultés
du travail de journaliste dans un pays en guerre. Ce roman
réaliste est d’inspiration autobiographique,
puisque son auteur, fraîchement émoulue d’une
école de journalisme, a travaillé pour une radio
humanitaire au Zaïre en 1994. L’intérêt
de son récit est principalement documentaire : Pourquoi
quitte-t-on le confort occidental pour une des régions
les plus dangereuses du monde? Comment, pris en étau
entre les demandes d’une rédaction versatile,
friande de reportages lacrymaux, et la dangerosité
de mener une enquête sérieuse et politiquement
compromettante, un journaliste peut-il trouver sa place ?
Comment photographier l’horreur avec un regard juste
? Comment créer des relations humaines dans de telles
conditions ? La trame romanesque est certes un peu grossière,
et le style sans relief, mais ce roman pourra séduire
de jeunes lecteurs attirés par le journalisme et curieux
de connaître certaines réalités du métier.
M. Gallot (juin
2008)
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